« L’imaginaire est plus réel que le réel »: Documentaire /fiction, une double pratique

Ici la bas

Samedi 24 mars 2012 à 11h15
Centre Pompidou / Petite salle

Débat en présence de Julie Bertuccelli, Dominique Cabrera et Françoise Romand
et animé par Anne Galland et Mireille Hannon

Les films documentaires sont communément considérés comme n’appartenant pas au champ de la fiction, mais au champ du réel, ils approfondiraient notre compréhension du réel. La fiction serait, elle, du côté de l’imaginaire. Ce n’est pas tant la limite qui est intéressante, mais plutôt les « contaminations ». La fiction et le documentaire construisent des rapports particuliers entre l’apparence et la réalité, le visible et sa réalité. Pour le spectateur ce qui compte c’est la clarté de l’énonciation de « la règle du jeu » du film.

« Nous devons le savoir, le cinéma de fiction est dans son principe beaucoup moins illusoire, et beaucoup moins menteur que le cinéma dit documentaire, parce que l’auteur et le spectateur savent qu’il est fiction, c’est-à-dire qu’il porte sa vérité dans son imaginaire. Par contre, le cinéma documentaire camoufle sa fiction et son imaginaire derrière l’image reflet du réel.
Or, la réalité sociale se cache et se met en scène d’elle-même, devant le regard d’autrui et surtout devant la caméra. La réalité sociale s’exprime à travers des rôles. Et en politique, l’imaginaire est plus réel que le réel. » Edgar Morin 1980

Les cinéastes sont engagés dans le monde, ils tissent des liens politiques. Les trois réalisatrices invitées alternent fiction et documentaire. Dans ces allers-retours entre réel et imaginaire, quel rapport au monde expriment-elles ? De quelle façon leur double pratique cinématographique influence leur façon de filmer, leur mise en scène ?

Dominique Cabrera est dans un constant balancement entre l’envie d’échappées oniriques et le besoin de se confronter à ce qu’il y a de plus concret dans nos vies, la politique et la poétique sont au cœur de son cinéma.

Françoise Romand explore l’intimité depuis le début de son œuvre, là où le sujet se forme quand il décide ce qui est privé et ce qui ne l’est pas.

Julie Bertuccelli aime ses personnages, la tendresse est manifeste et dans son dernier film L’arbre elle travaille sur le thème de la perte d’un être cher. Comment la fiction rejoint-elle ici le réel ?