Les risques du JE

débat Réel 2009
14 mar 2009
11:15

Avec les cinéastes Yamina Zoutat, Elsa Quinette, Anne Baudry et François Caillat

Il y a les films pour lesquels la question du « JE » est évidente. Ce sont ceux où l’auteur fait part d’une expérience personnelle, et ceux où l’auteur choisit d’être à l’image. Pour les films qui ne sont pas écrits à la première personne, la question du « JE » est moins marquante, mais elle est néanmoins sous-jacente. Il faut aller la chercher. Accepter de travailler ses doutes autant que ses certitudes.

Dès l’écriture, un processus se met en marche, processus que l’auteur n’est à même de contrôler que partiellement. Le « JE » nourrit l’écriture d’un film tout au long de son élaboration. Que ce soit lors de l’écriture proprement dite avant tournage, que ce soit pendant le tournage ou pendant le montage. Le « JE» procède d’une construction. C’est dans un esprit de recherche qu’un film se réalise.

C’est de notre rapport au monde qu’il s’agit. Notre vision du monde est liée à l’époque bien sûr, mais elle est également liée à ce qui nous constitue: notre histoire personnelle, notre formation, nos goûts, notre quotidien, nos prédilections, les œuvres que nous avons rencontrées et qui nous inspirent. Il s’agit de définir notre place de cinéaste

La subjectivité assumée du cinéaste répond à la nature même du documentaire qui prend en compte la nature complexe du réel. Si la réalité nous résiste, notre présence et nos liens la transfigurent, la restituent transformée au spectateur. Celui qui réalise est au milieu de la scène, il appartient aux évènements enregistrés. C’est pourquoi la position du réalisateur de documentaire fait partie du récit. Écrire, filmer depuis sa place, c’est raconter sa place.

    En présence de:

  • Yamina Zoutat, une cinéaste qui confronte le « JE » à l’écriture de son premier film
  • François Caillat, cinéaste aux multiples « JE »
  • Elsa Quinette et Anne Baudry, accompagnement collectif du « JE » à Périphérie, centre de création cinématographique