Peuple et Culture Marseille présente…

Vendredi 4 avril 19h – Maison de la Région
61, la canebière – Marseille 1er –
Métro / tram Noailles – Entrée libre

Une programmation proposée par la classe de Première S du lycée Diderot et par une classe CAP petite enfance du Lycée Brochier dans le cadre d’un atelier de spectateurs-programmateurs autour de la thématique Identité(s) hors normes.

Une vie d’Emmanuel Bellegarde (France, 2007, 3 min)
Inspiré du travail d’improvisation de Yona Friedman, ce film autobiographique d’animation réalisé en ruban adhésif fait le portrait d’un homme qui a vécu dans la marge et qui en a subi les conséquences.

Atlantiques de Mati Diop (France, 2009, 17 min)
« À commenc er par Moonfleet et Jamaica Inn, nous avons tous en mémoire ces contes de naufrageurs attirant les vaisseaux sur les récifs pour qu’ils s’y brisent. Le gros plan des lentilles d’un phare tournant sur elles-mêmes sur lequel s’achève « Atlantiques », y fait immanquablement penser. Il n’y a pas de port derrière ce phare, seulement la nuit et l’eau glacée de la mort, le mirage d’une Europe où la survie serait plus aisée, mais inaccessible, ombre décharnée d’un Eldorado qui n’en est pas un, même si, comme toute puissance occidentale elle se nourrit de l’épuisement du Tiers Monde. « Au revoir, je pars mourir, ça ne se dit pas », confie sur la plage Seligne à ses amis, rescapé d’un naufrage qui le hante, mais bien décidé à repartir tant survivre au Sénégal est devenu une chose impossib le. Que ce soit cet adieu à ses amis ou le récit de sa première traversée, la nuit l’enveloppe déjà. La lumière n’est plus de son monde. Elle est restée au village, sur les visages en pleurs des femmes et les tombes. » (Yann Lardeau)

Les roses noires d’Hélène Milano (France, 2010, 52 min)
Farida, Claudie, Coralie, Kahina, Moufida sont des adolescentes âgées de 13 à 18 ans. Elles vivent en banlieue parisienne, au Blanc-Mesnil, Stains, Clichy-sous-Bois ou dans les quartiers nord de Marseille, et toutes disent les mots des garçons. Elles ont la parole et interrogent leur langue et leur rapport au langage. Elles parlent de leur langue maternelle, de la langue de la cité, de l’école, de leurs difficultés face au langage normé. Elles expriment leurs contradictions ; elles revendiquent leur particularité et l’attachement à l’identité d’un groupe qui s’affirme dans la langue. Elles disent aussi la blessure liée au sentiment d’exclusion, au manque. Et puis au sein de leur quartier, au-delà des mots des garçons qu’elles disent comme un masque qui les protège, elles dévoilent les enjeux intimes de cette stratégie langagière. Traversant la mutati on de l’adolescence, c’est la construction fragile de leur vie de femme qu’elles protègent et inventent.

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