Rendez-vous des docs au MK2 quai de Loire

Rendez-vous des docs au MK2 quai de Loire

Invité : Emmanuel Gras, cinéaste

La motivation !
un film d’Emmanuel Gras

France, 2003, Beta SP, N&B, 26’
Le portrait de Carine, jeune mère issue de la DDASS qu’Emmanuel Gras a
suivi dans son combat pour élever son fils mais aussi pour s’élever
socialement.

Lorsque le film se termine, le fondu au noir du générique permet au
spectateur de profiter encore quelques instants de la douce énergie
dégagée par Carine.(…)
La réussite de ce portrait-documentaire tient à l’alchimie
qu’Emmanuel Gras a su créer entre son modèle et la forme narrative
choisie. Le montage des (belles) photos, accompagné du son ambiant
enregistré au moment des prises de vues est d’une fluidité et
d’une douceur qui ne trahit pas la personnalité de Carine mais au
contraire l’habille admirablement.(…)
Un film dont la simplicité d’écriture et d’esthétique se dévoue
entièrement à son sujet, à son personnage principal, comme une mère
le ferait avec son enfant. Fabrice Marquat – Bref N°59

Tweety Lovely Superstar
un film d’Emmanuel Gras

France, 2005, Beta SP, couleur, 18’

Quatre hommes et un enfant juchés sur un immeuble d’un quartier de
Beyrouth, le détruisent méthodiquement à coup de masse. Ces
travailleurs imperturbables sont comme des funambules improvisés qui
redessinent à chaque instant un équilibre précaire toujours remis en
cause par la lente et violente démolition.

Le travail de ces quatre hommes est considérable. Le temps
décélère pour laisser voir le front plein de sueur qu’on essuie
avec sa manche, l’avant-bras fatigué qu’on repose sur sa masse en
équilibre, la cigarette que l’on fume pour reprendre son
souffle… En captant l’accélération et le ralenti, le geste et
sa suspension, le bruit et le silence, le réalisateur réconcilie ce
qui est tenu pour séparé : ici la contemplation ne s’oppose plus à
l’activité, elle en fait partie. A la fois distante et engagée,
regard et outil, la caméra semble s’identifier à ce levier qui fait
ployer le mur, à cette masse qui casse le plafond. Le montage du son
fait aussi corps avec les ouvriers : un rap en langue arabe semble les
épauler, leur insuffler la force de poursuivre la démolition.
Détruire pour reconstruire à nouveau ? Voire… Sébastien
Galceran – Hors Champ – 2006

Tout peut arriver
un film de Marcel Lozinski

Pologne, 1995, 35 mm, couleur, 38’

Les enfants sont les meilleurs philosophes, dit-on. Par une douce
journée de printemps, un petit garçon file sur sa trottinette sous
l’ombre des arbres d’un parc quelconque de Pologne. Assis sur les
bancs, des vieillards, seuls ou par groupes, discutent, bouquinent ou
savourent simplement l’ambiance paisible soulignée par les sons
délicats d’une valse.

En témoins, ils accompagnent le petit Tomek qui, du haut de ses six
ans, découvre les miracles de la nature, admire un paon qui fait la
roue, essaie d’attraper des papillons, fait des culbutes dans
l’herbe, enfourche à nouveau sa trottinette, s’adonne ludiquement
à l’ivresse de la vitesse, s’arrête brièvement devant l’un ou
l’autre des bancs. C’est à ce moment-là que naît le dialogue
entre deux générations différentes. L’exubérance et la drôlerie
du garçon défient la sagesse et l’expérience des vieux. C’est sa
curiosité enfantine qui l’attire vers eux, l’envie de savoir ce
qui confère au monde sa cohérence intime. Les vieux, de leur côté,
ont plaisir à découvrir la légèreté du raisonnement enfantin. Et
de loin, le père de Tomek, Marcel Lozinski, observe toute la scène.

Tout peut arriver est une transposition cinématographique
contemplative du fonctionnement de la tradition orale. L’œil de la
caméra à longue distance focale ne dérange pas le jeu des questions
et des réponses. L’enfant, n’ayant pas de rôle défini à jouer,
peut s’abandonner entièrement à son jeu. Exclu et pris par son
travail, le père observe le dialogue entre les aînés et son petit.
Lui, représentant de la génération intermédiaire, manque aussi bien
de l’imagination déchaînée de l’un que de la sereine oisiveté
des autres. Dans sa découverte à travers le parc, l’enfant se
trouve face à un monde grand ouvert. autourdu1ermai.fr

Tarif pour tous : 7,90 €
Tarif spécial adhérents DSGE : 6,50 €
Cartes UI 1 et UI 2 acceptées

Lundi 17 juin – 20h30
MK2 Quai de Loire
7 quai de Loire 75019 Paris
M° : Jaurès – Rens : 08 92 69 84 84

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