Séance exceptionnelle hors les murs du cinéma du réel, projection du film « The Radiant »

Très loin d’un reportage sur les conséquences de la catastrophe nucléaire
japonaise de 2011, The Radiant frappe par sa sensibilité sémantique et
rythmique à la mise en relation des sons et des images. Signé par un collectif, il est
réellement pluriel dans son montage: l’entrelacs d’extraits de films
fictionnels ou institutionnels, de témoignages et de plans tournés au Centre
parasismique de Tokyo porte au jour une forme d’aveuglement scientiste, en partie invalidé par la catastrophe. Pire, une hypothèse émerge, à peine formulée mais puissante: et si le Japon, comme le suggère la journaliste May Shigenobu, était
consciemment choisi au niveau planétaire pour être le laboratoire des expériences sur la
radiation ? Le déplacement des déchets de la centrale dans divers endroits
du pays, modifierait par exemple la zone-test de référence, faussant les
mesures de radiation. En faisant le pari du travail de la forme plutôt que du
film-dossier, The Radiant se révèle plus finement politique. Ses plans sur une terre et
une herbe qui, sans doute irradiées, ressemblent à n’importe quel bout de
terrain sain, suggèrent combien l’invisibilité de la radioactivité profite au
discours du pouvoir. (Charlotte Garson, Cinéma du réel 2013)

Mardi 26 mars
17h30 , salle de conférences, Palais des Etudes, Beaux-arts de Paris
l’école

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