Sur un air de Révolution

6 – 10 juin 2012
au Nouveau Latina à Paris

Chants de libération, hymnes révolutionnaires, mélopées de la révolte qui gronde… Tout au long de ces décennies, des cinéastes ont scruté les soubresauts de l’Histoire en accordant leurs films au rythme du chant révolutionnaire : l’apartheid en Afrique du Sud, Mai 68 et les mouvements ouvriers en France, le mouvement pour les droits civiques des Noirs aux Etats-Unis, la guerre d’indépendance au Mozambique, la grande grève des mineurs en Angleterre… Dès 1930, Dziga Vertov donne le la avec Enthousiasme ou la symphonie du Donbass, premier film sonore soviétique, où la musique figure à la fois comme expression de la lutte des peuples et expérimentation formelle. Car il s’agit de lutter sur deux fronts : politique et esthétique. Qu’ils prennent parti de l’intérieur ou qu’ils aillent respirer ailleurs l’air de la révolution, comme Santiago Alvarez aux Etats-Unis (Now !), Agnès Varda chez les Black Panthers ou le Hollandais Van der Keuken, du Ghana au Surinam, au son de l’héritage colonial des fanfares de cuivres (Brass Unbound), les cinéastes creusent le double héritage vertovien. D’une part, la musique comme patrimoine commun (les chansons des mineurs du film de Ken Loach Which Side are you on ?, des ouvrières de Scènes de grève en Vendée, film collectif d’ISKRA), comme transmission d’une histoire populaire (Makwayela, un film rare de Jean Rouch sur des ouvriers au Mozambique chantant et dansant leur oppression dans les mines d’or sud-africaines). D’autre part, l’ambition de révolutionner les formes : créer un cinéma nouveau pour une nouvelle nation (les Mozambicains Celso et Luccas avec 25) ou « faire politiquement des films politiques » (Jean-Luc Godard avec One plus One). Affranchissement par et pour le cinéma, la résistance aux normes s’affirme, émancipation des codes narratifs au rythme d’un montage free (Black Liberation / Silent Revolution de Edouard de Laurot).
Deux fictions enfin, mais à la portée documentaire retentissante : Come Back, Africa de Lionel Rogosin film clandestin au cœur du système de l’apartheid et Sweet Sweetback’s Baadassss Song de Melvin van Peebles, déclaration de guerre à la société raciste américaine, météorite dans le bon goût cinématographique, outrée et outrageante.
Le cinéma et la musique sont eux aussi renversés par la révolution, et ils tentent d’en restituer avec leurs moyens propres la vibration indicible – celle de la colère, de l’espoir et de l’utopie.
Lili Hinstin

Au programme:

BLACK REVOLUTION – EN PRESENCE DE HAME ET NICOLE BRENEZ
Now ! de Santiago Alvarez
Black Panthers d’Agnès Varda
Black Liberation / Silent Revolution d’Édouard de Laurot

COMBAT ROCK – EN PRESENCE DE THIERRY JOUSSE
One plus One de Jean-Luc Godard

CE N’EST QU’UN DEBUT – EN PRESENCE DE PHILIPPE LANGLOIS
Enthousiasme, la symphonie du Donbass (Entuziazm – Simfonija Donbassa) de Dziga Vertov

RE-VO-LU-ÇAO – EN PRESENCE DE TERESA CASTRO ET FRANCOISE FOUCAULT
Makwayela de Jean Rouch et Jacques d’Arthuys
25 (Vinte e cinco) de José Celso Martinez Corréa et Celso Luccas.

COUAC COLONIAL – EN PRESENCE DE THIERRY NOUEL
Brass Unbound (cuivres débridés) de Johan van der Keuken

LES DAMNES DE L’HISTOIRE – EN PRESENCE DE MICHAEL ROGOSIN
Come Back, Africa de Lionel Rogosin

LA GREVE – EN PRESENCE DE PHILIPPE PILARD
Rhodia 4/8 du Groupe Medvedkine de Besançon
Scènes de grève en Vendée – Réalisation collective – ISKRA
Which Side Are You On ? de Ken Loach

A BOUT DE COURSE – EN PRESENCE DE MAX VAN PEEBLES
Sweet Sweetback’s Baadasssss Song de Melvin Van Peebles

Tous les détails sur les séances et les films sur http://www.docsurgrandecran.fr/evenement/sur-air-revolution

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