Le rapport à l’écriture des documentaristes

Au-delà de l’écriture du dossier d’un film documentaire, cette journée est consacrée aux multiples processus d’écriture cinématographique vécus par les cinéastes documentaristes pendant la réalisation de leur film. Comment chacun trouve une esthétique en puisant dans la force du langage cinématographique. Mais écrire, c’est se réapproprier son rapport à soi-même, aux autres, au langage même. Il n’y a pas d’un côté le cinéma et de l’autre la vie. C’est dans un aller-retour permanent et dans les ajustements qu’il suscite que les films s’écrivent, des premiers mots émis jusqu’au générique final qui défile sur l’écran.

10h30 – débat
Le rapport ambivalent des cinéastes à l’écriture

6 cinéastes ouvrent la boîte de leur film, 5 ont été écrits dans le cadre de l’atelier d’Addoc « Partage d’écritures ». Chacun raconte les moments critiques où il a été nécessaire de changer ses plans, si l’on peut dire, pour trouver «son» film. Pour certains d’entre nous l’abandon d’un personnage choisi au départ du projet, l’écriture d’une voix off, l’ajustement du regard, la recherche d’une matière. Et comment se fait-il que nous reconnaissions quand même le film malgré (et grâce à) ces changements de caps ?
En présence des réalisateurs Mireille Hannon, Marc Gourden, Pascaline Simar, Vanina Vignal, Manon Ott et Gregory Cohen

14h – film
Dérobées
de Pascaline Simar (2011, 28 min., Andolfi)
Voyage dans les Balkans, plaque tournante des trafics de femmes en Europe. Entre inacceptable et invisible, mise en scène politique et sensible des trafics de femmes en Europe.

 

 

Suivi d’une discussion autour du film en cours de Manon Ott et Gregory Cohen
Voyage le long du fleuve Narmada en Inde, qui accueille la construction d’un des plus importants complexes de barrages conçus à ce jour. Entre les mythes du Progrès et les mythes de la Narmada.

 

 

 

16h30 – film
3 films de Christophe Loizillon
les mains (1996/20’) / corpus /corpus (2008/25’) / homo/animal (2009/28’)
Depuis plus de 25 ans, Christophe Loizillon met en scène des moments de vie simples et parfaitement inattendus qu’il filme en plan séquence, caméra souvent fixe. Avec ces haïkus filmiques, lumineux, nous sommes embarqués, captés, émus, dérangés par cette relation qui se crée entre nous et eux, pourtant morcelés à l’écran. (Jean-Michel Cretin, déc. 2011)

 

20h30 – film
La nuit remue
de Bijan Anquetil (2012 – 45’ – G.R.E.C.)
C’est une histoire d’amitié entre Sobhan et Hamid, deux jeunes Afghans que le voyage entre l’Aghanistan et Paris a réunis. C’est là, autour d’un feu au bord d’un canal, qu’ils se sont retrouvés. Un film sur une jeunesse afghane qui se vit dans l’exil et qui, clandestinement, écrit son histoire. Avec des actes, des mots et des téléphones portables.