StopLoiSécuritéGlobale #6

Mobilisation pour les libertés le samedi 30 janvier 2021

Pour toutes les libertés !

La coordination nationale #StopLoiSécuritéGlobale appelle à la mobilisation ce samedi 30 janvier sur tout le territoire.

A Paris, un rassemblement se tiendra à 13 h, place de la République, avec des scènes vivantes et des prises de paroles de représentant.es des organisations, l’intervention d’artistes et de musicien·ne·s pour proclamer la liberté de créer, d’exercer, de jouer pour un public résolument vivant. A l’heure d’un reconfinement annoncé et d’un janvier glaçant, ce rendez- vous est une étape. Pour souffler. Pour danser. Et affûter armes et mobilisations des semaines à venir, notamment début mars avec le retour au Sénat de la loi dite de « Sécurité globale ». Un moment de partage, dans le strict respect des gestes barrières et la détermination la plus totale.

Depuis le mois de novembre 2020, des marches et des rassemblements ont réuni massivement les défenseu·r·se·s des libertés. Après le 3 janvier en hommage à Cédric Chouviat, mort entre les mains de la police, et les marches libertés et justices du 16 janvier, partout en France, ce 30 janvier verra les artistes et mouvements du monde de la culture rejoindre les mobilisations : le gouvernement ferme tous les lieux de pensée, de culture, d’échange et de sens critique, privilégiant les centres commerciaux aux théâtres, aux universités, aux salles de concert et aux cinémas. Nous voulons être libres, éveillé·e·s et debout !

Depuis bientôt trois mois, nous disons non à la loi « Sécurité Globale », à la surveillance généralisée, au fichage généralisé et aux drones, à l’interdiction de filmer et diffuser les interventions des forces de l’ordre. La majorité en place organise une entreprise de démolition des libertés publiques fondamentales, à travers la multiplication de décrets et de lois liberticides.

Sourd aux mises en garde des organisations internationales, aveugle aux principes fondamentaux de la République, le gouvernement n’a de cesse d’être dans la surenchère répressive. Tant que ces textes liberticides ne seront pas abandonnés, nous défendrons sans relâche nos libertés !

Avec masques et dans le respect des gestes barrières.

Paris, ce 28 janvier 2021

En mémoire à Steve Maïa Caniço. 21 juin 2019

La coordination nationale #StopLoiSécuritéGlobale appelle à la mobilisation ce samedi 30 janvier sur tout le territoire.

Depuis novembre 2020, des centaines de milliers de personnes dans près de 200 villes se sont mobilisées contre la proposition de loi Sécurité globale. Le texte passera au Sénat mi-mars avant de revenir à l’Assemblée. Nous devons le faire tomber. C’est pourquoi nous appelons à de nouveaux rassemblements, partout en France, ce samedi 30 janvier.

Car avec cette proposition de loi viendrait tout un arsenal d’outils pour restreindre les libertés publiques et amplifier la répression : empêcher de filmer les pratiques policières, la surveillance généralisée par drone et par caméra-piéton, l’octroi de dangereux pouvoirs aux entreprises privées de sécurité…

Cette loi ne vient pas seule, elle est assortie de décisions du gouvernement facilitant le fichage des opinions politiques, religieuses ou syndicales, des comportements et habitudes de vie. Elle est accompagnée d’autres projets de loi liberticides comme celui « confortant le respect des principes de la République ». Elle préfigure une société étouffant les libertés, détruisant les espaces d’émancipation et de culture. Une société où nous serions toujours davantage soumis·es et sans réactions, malgré les injustices, malgré la crise écologique.

Nous sommes pleinement conscient·es de la pandémie et de la nécessité de règles sanitaires pour l’endiguer. Nous veillons à ce que ces règles s’appliquent lors de toutes nos mobilisations. Mais nous refusons que cette crise soit utilisée pour une atteinte disproportionnée aux libertés de manifester, d’exprimer, d’informer, de créer. Nous refusons que soient sacrifiés tous les espaces d’émancipation et de culture au seul profit des intérêts économiques. C’est pourquoi, au-delà des très nombreux collectifs militants déjà impliqués dans cette mobilisation, des artistes et mouvements du monde de culture la rejoignent.

En 2001 déjà, la loi sur la « Sécurité quotidienne » reniait, parmi d’autres articles liberticides, le caractère culturel des rassemblements festifs à dominante musical hors lieux aménagés et rattachait leur gestion au ministère de l’Intérieur. Depuis, un nombre sans cesse croissant de lois sécuritaires ont été votées, avec leur lot d’amalgames, d’exploitations de faits divers et d’états d’urgence perpétuels.

Par leurs formes d’organisation et d’interaction, les fêtes libres sont tout autant des lieux de création artistique que d’expérimentations sociales, économiques et écologiques. Tout comme les mobilisations populaires, elles font partie de ces rares espaces accessibles sans distinction de genre, d’origine ou de classe. Alors qu’aujourd’hui la culture et la jeunesse meurent à petit feu et que, lasses de toutes ces régressions et inquiètes pour leur avenir, elles descendent dans la rue, on ne leur en reconnaît même pas le droit. Même si nos gouvernant·es n’ont de cesse de se poser en grands défenseurs de la liberté d’expression, de la création culturelle, de l’intégration ou du destin de la jeunesse.

Bien évidemment, nous restons uni·es et déterminé·es face à cette tentative indécente d’affaiblir la contestation et d’empêcher toute convergence. Nos modes d’expression ne sont peut-être pas les mêmes, mais nous souffrons de la même urgence de défendre nos libertés. Nous éprouvons le désir commun d’un monde socialement juste et respectueux du vivant. En cela nous avons toujours œuvré dans le même sens, car comme le proclamait si justement le Conseil national de la Résistance : « Créer c’est résister. Résister c’est créer. »

Ensemble faisons tomber les textes liberticides en nous mobilisant massivement partout en France ce samedi 30 janvier !

Paris, le 26 janvier 2021.

Pour la Coordination nationale Stop Loi Sécurité Globale :

Addoc (Association des cinéastes documentaristes) – Alternatiba – Les Amis de la Terre France – ANV-COP21 – L’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (ACID) – Association Heure Bleue – ATTAC – Basta ! – Black Robe Brigade – Club de la Presse Occitanie – Collectif Justice pour Ibo – Conseil National de la Nouvelle Résistance (CNNR) – Culture4Liberty – Collectif de journalistes Kelaouiñ – Confédération générale du travail (CGT) – Droit au logement (DAL) – Gisti – LDH – Les Mutilés pour l’exemple – Paris d’Exil – Politis – La Quadrature du Net – Scénaristes de Cinéma Associés (SCA) – Société des Réalisateurs de Films (SRF) – SOCLE – Syndicat national des journalistes (SNJ) – Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT) – Union des Collectifs festifs LGBTQ+ – Union syndicale Solidaires.

Compte-rendu de l’Appel des libertés du 30 janvier

Samedi 30 janvier la Coordination nationale #StopLoiSécuritéGlobale a appelé à des rassemblements pour les libertés dans toute la France, contre la loi « Sécurité globale », le fichage et les violences policières. Pari réussi contre vents, pluies et marées : 60 marches et rassemblements ont été dénombrés. A Paris, ils et elles étaient plusieurs milliers à danser et proclamer leurs libertés, place de la République. A Lyon, Nantes, Montpellier, Toulouse, Lille, Marseille, Clermont-Ferrand, Toulon, Saint-Malo, Caen, Nyons, Aubenas, Vienne, Annecy, Annonay… ce sont au total plusieurs dizaines de milliers de manifestant·es qui se sont mobilisé·es dans le calme et sans violences.

Partout, une grande jeunesse, une même détermination, un enracinement renouvelé, et la même fougue : l’appel des libertés.

A Paris, entre des sets d’Acid Arab, de Kiddy Smile, et des sound-systems, la défense des libertés fondamentales, le droit à la création, l’article 18 en germe dans la loi dite « Séparatismes», et la dénonciation de l’impunité des violences policières ont alterné dans les prises de parole. Se sont succédé :

  • Emmanuel Vire (SNJ-CGT),
  • Arié Alimi (Ligue des droits de l’homme),
  • Mélanie Ngoye Gaham (Les Mutilé·e·s pour l’exemple),
  • Denis Gravouil (CGT Spectacle),
  • Ombline (Techno +),
  • Vincent Lanier (SNJ),
  • Murielle Guilbert (Solidaires),
  • Benoît Piédallu (La Quadrature du Net),
  • Frédéric Viale (Non aux JO 2024),
  • Landry Lorougnon (Comité Justice Pour Gaye Camara),
  • Fatou Dieng (Comité Vérité et justice pour Lamine Dieng, collectif Vies volées),
  • Raphaël Kempf (Legal Team),
  • Annick Coupé (Attac),
  • des membres de l’Association Home Cinéma (La Clef Revival),
  • Maryam Pougetoux (vice-présidente de l’Unef),
  • Samuel Churin (Coordination des intermittents et précaires),
  • Clément Schneider et Laure Vermeersch (ACID)
  • Ancelin (Comité de soutien aux inculpés de la Maskarade).

Vers 16 h, le rassemblement de la coordination était rejoint par le cortège des Gilets jaunes, qui s’était élancé deux heures plutôt place de la Nation, malgré la répression policière qui s’y est encore exprimée. Trois camions de sound-systems ont, comme le 16 janvier, été bloqués par la préfecture de police de Paris qui avait pris un arrêté visant à empêcher les camions de passer pour entraver le bon déroulement du rassemblement. Enfin, l’évacuation brutale de la place de la République en quelques minutes ne laissait aucun doute : la fête et la contestation devaient disparaître !

Ces intimidations répétées n’affaibliront pas notre détermination à poursuivre notre mobilisation dans les semaines à venir, sans attendre le débat sénatorial sur la loi « Sécurité Globale » qui doit se tenir à la mi-mars. D’ici là, la coordination prendra d’autres initiatives. Elle continue à s’élargir pour défendre nos libertés, toutes nos libertés.

La coordination nationale #StopLoiSécuritéGlobale fédère plus de 80 organisations implantées dans toute la France : syndicats, sociétés, collectifs, associations de journalistes et de réalisateur·ices, confédérations syndicales, associations, organisations de défense de droits humains, comités de familles de victimes de violences policières, collectifs de quartiers populaires, d’exilé·es, de blessés, de Gilets jaunes, et soutenue par des teufeurs, des acteur·ices du monde culturel et de la fête, et des représentant·es du monde LGBT.

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